Le président Angolais se lance dans un sprint diplomatique pour la paix en RDC...
Le marathon de fin de mandat pour João Lourenço !
À quelques foulées de la ligne d’arrivée de son mandat à la tête de l’Union africaine, João Lourenço se lance dans un sprint diplomatique effréné pour la paix en RDC. On le voit courir, haletant, multipliant les rencontres, comme si chaque pas devait rattraper des années de violences et de négociations inachevées.
Mais ce n’est pas un hasard si l’homme fort d’Angola s’est retrouvé témoin physique de la signature de l’Accord de paix de Washington. Signe que sa présence n’était pas décorative, elle scellait une volonté de s’inscrire dans l’histoire comme garant et comme mémoire vivante de l’engagement pris. Lourenço n’a pas été invité par Donald Trump pour applaudir, mais pour porter la responsabilité morale de rappeler aux signataires que la paix n’est pas une option, mais une dette.
Aujourd’hui, le marathon amorcé par le président Angolais ressemble à une course contre le temps, une course contre l’oubli, pour que l’Accord de Washington ne devienne pas une relique diplomatique, une course contre l’indifférence, pour que l’Afrique centrale ne soit pas abandonnée aux paradoxes des discours sans actes et surtout une course contre lui-même, pour que son mandat à la tête de l’Union Africaine ne s’achève pas sur une note de vacuité.
Le paradoxe est cruel pour Joáo Lourenço dès lors qu’il devient un président qui s’épuise à courir quand la paix, elle, exige de s’asseoir, d’écouter, de bâtir patiemment. Mais pour des spécialistes de la scène politique du continent, ce sprint de fin de mandat, même s’il n’aboutit pas à une victoire totale, laissera néanmoins une trace, celle d’un témoin qui refuse de voir l’encre de Washington se dissoudre dans le sang de l’Est congolais.
João Lourenço, président angolais et encore président en exercice de l’Union africaine, multiplie les initiatives diplomatiques pour la paix en RDC, mais son mandat continental touche à sa fin. Cette intensification ressemble à une tentative de laisser une empreinte forte avant de passer le relais, tout en repositionnant l’Angola comme acteur incontournable dans la région.
UNE DÉMARCHE CALCULÉE
Pour rappel, João Lourenço a repris activement la médiation dans la crise sécuritaire de l’Est de la RDC, après s’être retiré en mars 2025 du processus de Luanda. Depuis début 2026, il a reçu à plusieurs reprises Félix Tshisekedi et engagé des consultations avec des acteurs variés, y compris des responsables religieux (CENCO, ECC) et même l’ex-président Joseph Kabila. Pourtant, son mandat à la tête de l’Union africaine s’achève dans quelques semaines, ce qui donne à ses initiatives un caractère d’urgence et de n.
La lecture stratégique que l’on peut se faire de cette demande est qu’elle marque la volonté de légitimité et d’héritage de la part de Lourenço qui chercherait à marquer son passage à l’Union africaine par un succès diplomatique visible. Parce que, la RDC est un dossier emblématique et une paix durable obtenue dans l’Est du pays renforcerait son image de médiateur continental. Luanda veut ainsi éviter que d’autres puissances (Kenya, Afrique du Sud, voire des acteurs occidentaux) monopolisent la médiation.
Des observateurs avertis estiment qu’à travers la multiplication des interlocuteurs et en élargissant le cercle aux religieux et anciens dirigeants, Lourenço tente de désamorcer les blocages et de donner une dimension inclusive à sa démarche. Du coup, cela reflète une stratégie de “marathon diplomatique” qui vise à multiplier les pistes pour obtenir au moins un accord ou une avancée avant la fin de son mandat.
RISQUES ET PARADOXES
La démarche du président Angolais a pour obstacle, le temps limité. Parce que quelques semaines ne suffisent pas pour résoudre une crise enracinée depuis des décennies et de ce point de vue, Lourenço risque de laisser un processus inachevé.
De l’autre côté, il y a l’aspect de la crédibilité fragilisée par son retrait du processus de paix en 2025 puis son retour en 2026 qui peuvent être perçus comme une hésitation ou une instrumentalisation politique.
La pression interne s’ajoute à son tour à ce paradoxe dans la mesure où, l’Angola lui-même fait face à des défis économiques et sociaux, ce qui peut limiter sa capacité à investir durablement dans la médiation.
Sommes toutes, la démarche de Lourenço est à la fois un sprint diplomatique de fin de mandat et une tentative de réinscrire l’Angola dans l’histoire de la paix régionale. Même si les résultats concrets restent incertains, ce marathon vise surtout à laisser une trace symbolique : celle d’un président qui aura essayé de rapprocher Kinshasa, Kigali et les forces vives congolaises.
L.B


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