Kinshasa, la capitale-rivière en temps de pluie !
Kinshasa, ville lumière, capitale des contrastes, s’est réveillée ces derniers jours en capitale amphibie. Les pluies diluviennes ont transformé boulevards et avenues n piscines olympiques improvisées. Les taxis-bus, jadis maîtres du bitume, se sont mués en pirogues hésitantes, et les piétons en nageurs de circonstance.
Pendant ce temps, les autorités, elles, observent. Elles observent comme on contemple un spectacle déjà vu, déjà répété, déjà annoncé. Chaque saison des pluies, la même mise en scène qui met en avant plan, les collecteurs bouchés devenus fontaines publiques, les ponts flambant neufs se transformant en aquariums et les discours sur la “résilience urbaine” qui se dissolvent dans l’eau boueuse.
Un habitant de Kalamu désabusé n’a pas mis sa langue dans sa poche : “On nous promet modernité, mais c’est la rivière Kalamu qui tient le rôle principal, reprenant ses droits avec ironie. Elle ne demande ni budget, ni plan d’urgence, elle se contente de rappeler que Kinshasa est bâtie sur ses cicatrices”.
Au même moment, les vendeurs de rue improvisent des slogans du genre : “Poissons frais, directement livrés par les pluies !”, “Promo spéciale : traversée du boulevard Triomphal, pagaie incluse !”
Et le citoyen, trempé jusqu’aux os, rit jaune. Car il sait que l’année prochaine, la chronique sera la même. Les pluies reviendront, les eaux envahiront, et les autorités redécouvriront, avec surprise feinte, que Kinshasa flotte.
Comme quoi, Kinshasa n’est pas seulement une capitale, c’est un théâtre où les pluies jouent la pièce principale, et où les autorités répètent inlassablement le rôle des spectateurs impuissants.
En effet, Kinshasa est effectivement paralysée depuis le 14 et 15 janvier 2026 par des pluies diluviennes qui ont transformé la capitale en un immense champ d’eau. Les communes centrales, censées incarner la vitrine de la ville, ont été particulièrement touchées, révélant une incapacité chronique des autorités à anticiper et gérer ces catastrophes récurrentes.
LES KINOIS CRIENT DANS LE DÉSERT...
Les 24 communes de Kinshasa ont été affectées, avec des points critiques sur l’avenue Victoire (Kalamu), le boulevard Triomphal (Kasavubu/Lingwala), et les abords du Stade des Martyrs et du Parlement. Conséquences de cette situation : la circulation presque paralysée, les véhicules étaient immobilisés dans les eaux. Des maisons et commerces inondés avec à la clé, pertes matérielles importantes.
Des témoignages de citoyens évoquaient une eau montant jusqu’à la taille, emportant des marchandises et des biens.
SIGNES D’UNE GOUVERNANCE DéPASSÉE
Ils n’ont pas tord ceux qui lient ces déconvenues aux travaux urbains inachevés ou inefficaces de voirie cas du pont sur la rivière Kalamu, en construction depuis deux mois, qui a été submergé dès les premières pluies. Mes collecteurs bouchés des principaux axes (Triomphal, Arena, Musée national) ont vu leurs systèmes d’évacuation saturés.
La réaction institutionnelle attendue de la part des autorités locales qui n’ont pas encore présenté de plan d’urgence clair, malgré la répétition annuelle de ces catastrophes.
IMPLICATIONS SOCIALES ET POLITIQUES
Des citoyens démunis ne savent à quel saint se vouer. les vendeurs ambulants et familles inconsolables perdent leurs biens, sans compensation ni plan de secours. La capitale congolaise, mégalopole de plus de 15 millions d’habitants, reste vulnérable à chaque saison des pluies. Comme test grandeur nature, ces inondations sont perçues comme un révélateur de la fragilité de la gouvernance urbaine et de l’absence de planification durable.
Cette situation catastrophique illustre parfaitement le paradoxe entre discours officiel et le vécu populaire dès lors que Kinshasa se veut une vitrine moderne, mais elle se noie chaque saison.
L.B


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